Nous avons le Pouvoir.
Le pouvoir de faire circuler l’argent (notre place de cinéma) vers tel ou tel film, en fonction de nos choix.
De vous proposer des films parfois fragiles, parfois à petits budgets, de vous faire découvrir de nouveaux univers, un premier film, cela fait partie des choix du CLAP.
Nombreux sont les réalisateurs-trices dans le monde qui conçoivent des films de qualité, avec parfois une vision différente que celle du formatage occidental.
Notre rôle est de leur donner de la visibilité.
Et puis entre intelligence artificielle, plateformes mondialisées et saturation numérique, venir voir les films du CLAP devient un acte de résistance.
« Le cinéma a toujours été un acte de résistance parce que nous racontons des histoires et les histoires représentent ce qui construit une civilisation » (a déclaré Jane Fonda lors du dernier Festival de Cannes).
Ce mois d’Août, le CLAP a fait le choix du dernier film de Steven Soderbergh The Christophers, sa dernière comédie satirique. Puis nous faisons un saut dans le passé avec Le héros de Berlin, de Wolfgang Becker, une comédie intelligente nous plongeant dans la période Est-Allemande ou comment fabriquer un pseudo-héros médiatique. Ensuite, avec le dernier film de Stéphane Demoustier La chaleur (c’est de circonstance !), nous plongeons dans un thriller introspectif autour de la culpabilité et du droit à la différence. Et enfin avec Sur la route d’Omaha, nous proposons le 1er long métrage de Cole Webley (USA), qui nous conduit aux Etats-Unis pour accompagner un road movie d’une grande puissance cinématographique.
Voilà un programme dense et rafraichissant, comme le sont les salles du cinéma Jacques Perrin.
Le cinéma apparait ainsi comme un acte de résistance dans l’actuelle ambiance anxiogène.
On a ce pouvoir-là. Défendons-le !
La programmation estivale du CLAP fait la part belle aux femmes. Femmes réalisatrices ou actrices de leurs propres histoires. En ces temps perturbés où la parole se délie enfin, votre association vous propose des regards pertinents sur des histoires fortes et émouvantes.
C’est ainsi que nous suivrons deux héroïnes luttant pour leur liberté et leur émancipation avec le film de Marie-Elsa Sgualdo, A bras-le-corps et avec le film de Gaya Jiji, l’Étrangère. C’est aussi auprès de femmes dominées par la tyrannie que nous emmène le film de Silvio Soldini, Les goûteuses d’Hitler.
Et avec le film Cocotte de György Palfi, le CLAP propose la découverte d’un univers cinématographique peu habituel, car là est notre rôle, susciter votre curiosité, aller chercher l’émotion pure enfouie dans chaque spectateur.
Pour que s’enfermer dans une salle obscure reste toujours un plaisir à partager.
Cette programmation est l’occasion de découvrir deux premiers films qui nous emmènent dans des univers très rarement vus au cinéma. Au plus près de la tragédie du peuple Rohinga et auprès des jeunes de Macédoine et de leur désir d’émancipation. Mais c’est par un triller s’inspirant d’un fait divers réel que débute ce nouveau programme, et un beau film en noir et blanc nous plongera dans un univers plein de douceurs et d’humanité.
La Corde au cou parvient à trouver une forme ludique pour raconter un fait divers marquant survenu en février 1977. L’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. Gus Van Sant tire de ce fait divers un thriller vigoureux et une grande fresque sociale sur l’Amérique.
Les Fleurs du manguier est le premier long-métrage de fiction en langue rohingya, interprété presque exclusivement par des Rohingya. Akio Fujimoto, le réalisateur s’est intéressé au sort de cette minorité musulmane à la suite d’années de travail de terrain en Birmanie qui l’ont sensibilisé à leur tragédie.
Cosmos, de Germinal Roaux, un film en noir et blanc auquel le cinéaste est attaché depuis ses débuts, comme photographe et documentariste. Ce réalisateur franco-suisse filme le quotidien d’un paysan du Yucatán avant de glisser doucement vers une rencontre, avec une bourgeoise mexicaine. Tout est dans la retenue, les regards, quelques paroles échangées, des gestes mesurés et une bande-son qui joue un rôle fondamental.
Le premier long métrage de Geogi M. Unkovski, Le Garçon qui faisait danser les collines, comédie aux allures musicales nous propulse au cœur du quotidien des adolescent·es de Macédoine, tiraillé·es entre des traditions parfois insupportables, le mariage forcé, le rôle encore très prégnant de la religion au sein des communautés rurales et les problématiques modernes, à mi-chemin entre TikTok et les raves party.
Pour cette nouvelle programmation, quatre films qui nous feront voyager.
Au Nigéria avec Un Jour avec mon Père d’Akinola Davies et en Alaska avec Sukkwan Island de Vladimir de Fontenay. Deux films dans lesquels nous suivrons des pères et leurs fils et les liens qu’ils tentent de retisser.
En Turquie, avec le film Yellows Letters d’Ilker Catak qui tend un miroir assez cruel sur la notion même d’engagement. S’engager, c’est accepter le coût de ses choix. Et le film observe, sans complaisance, comment des êtres qui se croyaient prêts à en payer le prix découvrent qu’ils ne l’étaient pas tout à fait.
En Algérie, avec Première Ligne, Merzak Allouache nous offre une comédie sociale, drôle, tendre et percutante.
Et encore trois belles soirées spéciales en perspective :
En partenariat avec le Centre Départemental de Santé et d’Education Sexuelle et le lycée René Cassin, un ciné-débat autour du film La Pampa d’Antoine Chevrollier qui traite de l’homosexualité en milieu rural et des ravages que peuvent causés les réseaux sociaux.
Avec l’association Botticelli, nous découvrirons le film Il Maestro Andrea Di Stefano, comédie amère où on découvre que les leçons de vie et d’humilité peuvent s’apprendre à tout âge.
C’est l’association Corasol Photovoltaïque qui propose une soirée spéciale autour du film Le Vivant qui se défend de Vincent Verzat. Le film fait le lien entre les animaux sauvages et les luttes qui sont menées partout en France contre la destruction de leurs habitats. Le Vivant qui se défend trace un chemin pour vivre dignement et affronter ce qui vient.